Qu'est-ce qu'un chémotype?

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Il y a thym et thym... Et à part le nom et l’aspect qu’ils ont en commun, ils peuvent être de composition chimique radicalement différente.

 

En effet, en fonction de l’ensoleillement, du type de sol, des conditions climatiques, de l’altitude, et même des végétaux avoisinants, une même plante, botaniquement définie, peut secréter des essences différentes.

Elle pourra donc donner des huiles essentielles complètement différentes selon son lieu de récolte.

Il ne s’agit pas d’espèces de plantes différentes : on parle de chémotype.

 

Prenons l’exemple du thym. Thymus vulgaris, de son petit nom botanique.

Qu’il pousse de manière spontanée dans la garrigue ou sur un flanc de montagne, le Thymus vulgaris gardera les mêmes caractéristiques botaniques (port, inflorescence, forme des feuilles…) mais développera des composés chimiques qui diffèreront en fonction du lieu. En réalité, on retrouvera les mêmes composés, mais en proportions différentes. C’est le composé majoritaire qui définira le chémotype.

On ne dénombre pas moins de 7 chémotypes pour le thym : thymol, carvacrol, linalol, thujanol, alpha-terpinéol, géraniol, cinéol.

Chacun des chémotypes possède un goût et une odeur caractéristique, qu’on peut distinguer avec un peu d’entraînement.

Et si les composés chimiques diffèrent, on peut aisément comprendre que les propriétés thérapeutiques de ces thyms soient différentes également, mais aussi leur toxicité… D’où l’intérêt d’en connaître le chémotype !

 

Par exemple, le thym à thymol, très répandu, a une action antibactérienne puissante mais son huile est caustique pour la peau et peut s’avérer hépatotoxique à doses élevées et prolongées. A ne pas prendre à la légère, donc… alors que le thym à thujanol, lui, est plus sûr d’emploi : il ne présente pas d’effets secondaires. Par ailleurs, en plus de ses propriétés anti-infectieuses, il stimule et régénère les cellules hépatiques.

Le thym à linalol est celui qu’on appelle aussi « thym doux ». Il est dépourvu de toxicité, mais pourtant, ses propriétés sur l’immunité sont puissantes. Sa douceur en fait un remède particulièrement intéressant pour les personnes fragiles (enfants, personnes âgées).

 

Ces exemples montrent bien l’intérêt de connaître les chémotypes quand, comme pour le thym, ils varient au point de se demander si on a bien à faire à la même plante…

 

chemotypes

Mais toutes les plantes n’ont pas autant de variations en terme de composition chimique. L’autre exemple connu est celui du romarin : romarin à camphre ou romarin à verbénone ? Si vous cherchez l’action sur la sphère hépatobiliaire (stimulant et draineur), c’est le romarin à verbénone qu’il vous faut, celui que l’on trouve en Corse. Notre bon vieux romarin provençal, à dominante camphrée, travaille quant à lui davantage sur la sphère neuromusculaire (décontractant).

 

 

Voilà vous savez tout sur les chémotypes… il y a encore beaucoup à en dire, et beaucoup à découvrir ! En comparant des analyses effectuées en 1974 puis en 2010 sur les populations de thym sauvage d’une même région, une étude a montré des modifications de la répartition des chémotypes… Et si le thym pouvait être considéré comme un indicateur biologique du changement climatique ?

 

« Le réchauffement climatique observé ces dernières décennies se traduit notamment par une diminution de la fréquence et de la sévérité des gelées hivernales. Ce facteur a une influence majeure dans la distribution des chémotypes du thym dans la nature. En conséquence, les chémotypes phénoliques qui sont plus compétitifs que les chémotypes non phénoliques, mais qui étaient jusque-là limités par leur sensibilité aux gelées, ont pu coloniser des zones où ils étaient jusqu’alors faiblement présents ou absents ».  (« Le thym et le chirurgien », G. Bouguet, J.D. Thomson, H. Joyeux, Ed. du Rocher)

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